Myriem CHERKAOUI: OMAR SAADOOUNE 0R A PICTURAL WAVERING BETWEEN DEATH AND LIFE

 

Once you get the exquisite pleasure to first meet the artist, Omar Saadoune,

you definitely can’t believe that behind that jovial , rounded-faced smile, who

has gone through a most serious health ordeal , lies by far and large a complex,

intricate, tortured  mindset  which primary concern and questioning revolve

around the dialectical dilemma between  death and  the struggle for life ,

extraordinarily transcribed in his vibrant and colourful works of art.

 

Indeed , it goes without saying that this exceptional artist’s academic itinerary

and astounding artistic achievements have proved to be an added value to the

evolution of contemporary art in Morocco.

Omar Saadoune’s pictural creations , depicting colourful explosions  and

victorious skulls, represent an unfathomable meandering through the human 

mind , untiringly fighting against a threatening Death and reaching out for a

new , promising morning .

 

Besides , the artist demonstrates a metaphysical view , leaving his audience

with a wide space for imagination , nurturing  their  desire  to break free from

the mainstream , conventional  way of thinking  , leading them to another

spiritual level .

‘’ Isomnia ‘’ is that new  artistic magical encounter   and blessed instant to

which Omar Saadoune is inviting us, even poking us to  a deeper reflection

upon this unavoidable question :Does the journey matter more than the

destination ?

Myriem CHERKAOUI

                                                                                           Fundation Art Consultant

Isabelle MEROSE-KIENAST: Omar Saadoun ou un désir d’éternité

Pour cet artiste du Nord du Maroc qui a trouvé sa voie entre Chefchaouen, Ksar el Kebir et Tétouan, la peinture a été un révélateur de sa générosité, de sa joie de vivre. Elle lui permet d’exulter et de partager.

Et pourtant, à l’origine une chute et un coma de six heures qui vont constituer les éléments fondateurs et les sources d’inspiration majeures de son œuvre.

En effet, Omar Saadoun peint des crânes et des fleurs. Les premiers sont souvent colorés  sans rien de morbide tandis que des ballons de peinture s’éclatent en fruits/fleurs.

La mort, la vie, un équilibre fragile entre les deux.

Le crâne recèle tous nos rêves, toutes nos pensées, il symbolise l’immortalité comme les fleurs qui naissent, meurent et renaissent.

Omar Saadoun renoue avec une tradition picturale du 17eme siècle appelée « Vanités », à savoir des natures mortes avec un crâne. Le message était le triomphe de la mort face au temps qui passe trop vite, à la fragilité de la vie, aux vanités du monde d’ici bas mais également une invitation à la méditation, à saisir l’insaisissable, à approcher des rivages de la résurrection et de l’éternité.

 

Enfant, Omar Saadoun utilisait des bâtons de rouge à lèvres, certainement fasciné par ce beau rouge sensuel. Adulte, il utilise le pinceau et les ballons pour exprimer sa vision de la vie et du monde, ses émotions, ses tourments, la part intime de son être.

Ses peintures renvoient à cette phrase de Francis Ponge de 1956 « Paroles, crevez comme des bulles. Paroles, plus près de la fleur que du signe et de la substance que de l’esprit, nous en connaissons l’absurde. Ce risque, nous l’assumons ».

Et les ballons d’Omar Saadoun éclatent comme des grenades, aux mille grains couleur rubis, couleur du sang, de la vie, de la fécondité. Son arbre reste vert toute l’année, il symbolise également l’éternité. N’oublions pas que la grenade est pour le Prophète, le fruit du paradis.

 

Omar Saadoun à travers les méandres de la création, nous interroge sur notre « finitude » physique et notre « infinitude » spirituelle. Cranes, fleurs/fruits, couleurs, autant de messages face au temps qui s’enfuit et ne laisse à la fin des fins que l’essentiel.

 

Isabelle MEROSE-KIENAST

Gallery KENT

Aziz CHARKAOUI Préface

Préface

Aziz CHERKAOUI

Président de la Fondation CHERKAOUI

La Fondation CHERKAOUI pour l’Art et la Culture a répondu positivement à l’organisation d’une exposition exceptionnelle de l’artiste peintre Omar SAADOUNE à Tanger, autour du thème « INSOMNIA » , en partenariat avec la Gallery Kent, afin de poursuivre la commémoration du cinquantenaire du décès de Moulay Ahmed CHERKAOUI ( 1934-1967 ),  chef de file de la peinture marocaine moderne,et la présentation des travaux de SAADOUNE qui incarne cette montée en puissance de ces jeunes artistes plasticiens marocains totalement tournés vers l’art contemporain.

De par ses origines émanant d’une confrérie religieuse hautement respectée la zaouia Cherkaouia  prônant par la voie du soufisme , l’amour d’Allah. Moulay Ahmed CHERKAOUI fût baigné dès son jeune âge dans un milieu proche du mysticisme, ce qui a eu une grande influence surson parcours artistique. Sa période de formation durant l ’époque  post-coloniale lui offrait la découverte du mondeoccidental et de sa culture. Malgré toutes les difficultésd’ordre matérielles qu’il rencontra durant son séjour parisien et son profond désir d’intégration au sein des artistes célèbresqu’il côtoyait quotidiennement tels que Picasso, Bissière, Klee, Chagall, Klein et j’en passe.

Moulay Ahmed CHERKAOUI était profondément convaincu que son étoile brillera un jour pour l’éternité.

Un secret qu’il a partagé avec son grand frère Si Mohamed CHERKAOUI qui a toujours été son soutien affectif, moral, et matériel durant toute sa courte vie.

Jusqu’au jour où il lui a présenté son nom figurant dans le Dictionnaire des peintres célèbres.

Ainsi, grâce à sa personnalité, sa tenacité, son courage et sa foi , il a fini par décrocher des médailles aux biennales des années 1960 puis la consécration arriva par l’achat officiel des musées de France sur ordre d’André Malraux ( Ministre de la Culturedu Général De Gaulle ) d’une œuvre intitulée :   « LE COURONNEMENT » en 1964.                                                                                                                                                   Une fierté pour son grand frère, sa famille, ses amis artistes, et son pays le Maroc qu’il adorait tant.

L’œuvre d’une vie concrétisée en quelques années par unereconnaissance mondiale a donné un sens historique à ses recherches basées sur le trait d’union entre l’identité et la modernité.

Il fût donc le premier artiste marocain ayant fait sa place au sein des artistes de l’Ecole de Paris.   Mais la mort l’a arraché prématurément à l’âge de 34 ans, laissant derrière lui des oeuvres pour la postérité que les collectionneurs et les musées guêtent à la moindre apparition de l’une d’elles sur le marché international. Le Mathaf de Doha ( Qatar ) en est l’exemple le plus frappant en battant le record d’acquisition, puisqu’il en possède quatorze.

Omar SAADOUNE la quarantaine bien remplie appartient à cette génération d’artistes que l’art contemporain a convaincu et, au fil des années il a acquis une maitrise de son expression plastique pour  se distinguer et définir son empreinte. Ses recherches l’ont mené vers une interrogation de la place et des rapports de l’homme et sa cohabitation avec la nature et ses pairs. Très influencé par le travail de CHERKAOUI, ildécouvrit que ce monde dans lequel nous vivons, souffre de plusieurs maux dont leurs origines sont la haine, la discrimination, la soif de la domination qui met en péril l’avenir de l’humanité.

Ainsi, Omar SAADOUNE va s’accommoder de l’espace d’une toile pour nous projeter avec une violence du geste,l’explosion de son message. Le rouge domine ses toiles  qui àtravers cette couleur, il exprime la désintégration de la terre.Une planète qui brûle de ses entrailles, des peuples qui se déchirent sur les cinq continents , des guerres destructrices qui s’en suivent, et l’humanité ne compte plus ses morts.

Le thème de cette exposition « INSOMNIA » en rapport avec l’actualité , est la résultante d’une réflexion de l’artiste exprimée par des toiles aux contours explosifs et des cranes versions colorées qui cherche une seconde vie meilleure.

Le travail pictural de SAADOUNE est riche en enseignementde par sa composition et sa force gestuelle très contemporaine pour nous projeter vers un regard autocritique qui nous rend tous insomniaques.

Sa toile intitulée « SRI LANKA » fait référence aux actes terroristes qui ont déchiré ce pays récemment, et elle est dédiée en hommage aux innocents morts sur les lieux du crime.

Ainsi, ce ne sont que les artistes profondément imprégnés par les recherches de CHERKAOUI           comme Omar  SAADOUNE, pour nous offrir cette panoplie d’œuvres originales qui expriment par l’art contemporain cette même vision du monde que son maitre à penser.                                                           Le destin a voulu qu’en Avril dernier, le Musée National de l’Art Contemporain de Tunis propriétaire d’une œuvre de CHERKAOUI datant de 1965, la présente au côté de celle de SAADOUNE autour d’une exposition collective d’artistes maghrébins, pour représenter notre pays.

Donc, après cette heureuse et flatteuse coïncidence, SAADOUNE c’était promis de lui consacrer une toile intitulée : « HOMMAGE A MOULAY AHMED CHERKAOUI » , pièce maitresse de cette exposition pourmarquer sa reconnaissance  à cette sommité du monde de l’art moderne marocain  au niveau national et international, et aussi à celui qui a ouvert la voie de l’excellence de l’exploration plastique aux générations actuelles et futures de par le monde.

Tanger, le 08 Juin 2019

 

 

 

Moulim El Aroussi: LE CORPS EN ACTE PERFORMEURS MAROCAINS EN ESPAGNE

Moulim El Aroussi:

LE CORPS EN ACTE PERFORMEURS MAROCAINS EN ESPAGNE

 

Trois artistes marocains ont été présents aux activités des festivals de la performance en Espagne du 12 au 20 Novembre 2015. Il s’agit de Kenza Benjelloun, Omar Saâdoune et Karim Kharbaoui. Leur participation aux deux Festivals de la performance, Acciôn MAD à Madrid et MEM à Bilbao a été très remarquée. Il s’agit en fait d’un travail fruit d’une résidence organisée du 1er au 7 Octobre dans la région de Chaouen où les trois artistes marocains ont reçu trois artistes espagnols : Ana Matey, Isabel Léon et Pedro Alba, au total six artistes, trois femmes et trois hommes pour respecter la parité.

 

Le Workshop ou le laboratoire comme ils se plaisent à le nommer s’est tenu sous le signe de Echange tans-détroit et visait à mettre en place une action d’échange d’idées et d’expériences dans un domaine encore peu exploré dans les arts visuels au Maroc. Il s’agit de l’art de la performance où l’artiste ne met entre son corps et l’expression aucun médium ni moyen. Il s’agit d’exprimer les idées et les émotions le plus possible dans leur nature première. Ainsi l’expression des idées ou des émotions jaillit devant le public sans trop d’artifice. Une forme de condensation des pratiques artistiques et des arts de la scène.

 

Les projets commencent par un mot une image ou idée et se développent ainsi en une ouvre dont le support et l’outil est le corps. Cette résidence de quatre jours dans les montagnes de Chaouen a débouché sur des réalisations qui ont été d’abord montrées en avant première à Akchour avant d’être présentées au public au Centre d’Art Moderne à Tétouan. Les séances de démonstration ont été précédées d’une rencontre avec les artistes, les professeurs  et les étudiants  de l’école d’art de la ville de Tétouan.

 

Le 12 Novembre les six artistes se sont retrouvés à Madrid pour la participation à Accion MAD qui se tenait à la fabrique culturelle Matadero Madrid pour ré-expérimenter leur lexique artistique. Au bout de trois jours d’ateliers le 15 Novembre,  une série d’improvisation à partir de six partitions proposées par les artistes furent présentées devant le public du Festival.

 

Les artistes se sont ensuite constitués en binôme pour présenter une performance par couple au Festival MEM de Bilbao Le 19 et 20 Novembre. Mais sur la route et sur une invitation de la ville de Salamanque, le groupe s’est arrêté deux jours pour présenter une démonstration par binôme à la prestigieuse Bibliothèque Générale : Kenza Benjelloun/Pedro Alba, Ana Matey/Omar Saâdoune et Isabel Léon/Karim Kharbaoui.

 

Les 19 et 20 Novembre le groupe a présenté les performances préparées depuis Chaouen au Guggenheim et à la Halle des expositions de MEM.

 

Ana Matey et Omar Saâdoune ont préféré travailler sur l’idée de la frontière et les limites de la langue. Des plastiques, des pochettes remplies de souffle furent distribuées au public invité à y introduire un message sous forme de papier sans écriture. Un message muet qui allait envelopper les corps des artistes et scotcher leur corps avant de défaire les barrières manière de dire que les humains ont créé les limites et c’est à eux de les annuler.

Kenza Benjelloun et Pedro Alba et après une semaine des attentats de Paris ont  choisi de travailler sur la violence : la violence des idées des systèmes politiques, des croyances ; la violence de la langue, des traditions… bref la terreur que peut engendrer la violence matérielle ou symbolique. Enveloppés dans un sac (le joug despotique), ils se livrent à une danse rythmée d’écritures et de paroles tout en impliquant le public. Un cérémonial sacrificiel de la violence et de la terreur.

Isabel Léon et Karim Kharbaoui ont choisi pour exprimer l’incommunicabilité des idées de se mettre dans un sac blanc et de se livrer à une lutte contre eux-mêmes pour sortir de cette situation ; le cocon de l’isolation. Ils opèrent d’abord des trous pour regarder le monde avant de sortir de leur coquille et aller vers le monde.

 

 

Monologue Omar Saadoune’s First Solo Exhibition in Macau

As Omar Saadoune’s first solo exhibition in Macau, Monologue will showcase a selection of Saadoune’s finest work from 23rd June to 26th August, the opening of the exhibition will be held in the Blanc Art Gallery.

from the National Institute of Fine Arts in Tetouan, Omar Saadoune has always been passionate about art, and especially interested in the physical form of arts. His paintings are bold and appealing; the combination of arcs and lines form the basic structure of most of his work, colours are then dripped painted onto the canvas, creating an unspeakable tension. In his work “Human”, a human skull was used as the center subject with paint dripped all over. The skull resembles the humanity and society, the vibrant complex splashes and spots mirrors the cosmopolitan society, both the good and the bad. However, it is precisely due to the diversity that is been offered by the society, humanity is often neglected. Saadoune suggests that the cosmopolitan society is built on the humanity of the society. Without the substantial base, colours will not be able to be built on the canvas, just as society would not be able to be truly successful.

The artist challenges the boundary of the traditional visual art, through painting, multimedia work, film and live performance, Saadoune is constantly touching on the pressing matter in the society – the oppressed humanity, the conflicts and the future direction of humanity. Every painting is like a solo performance of the artist, conveying his idea through the lively images; Provoking the viewers, giving them a strong and refreshing visual impact; powerfully detailed and soothing, inviting the viewers to see through his eyes. His works are filled with the primitive power of the natural African art; Unpretentious yet profound with his powerful individual voice.